Festival Karl May 2009, à Berlin …

 
Karl May

(1842 / 1912)

cliquez sur l'affiche …

Vendredi 24 juillet 2009

… Lorsque, après avoir récupéré nos valises nous franchîmes, Teresa et moi, la porte qui ouvre sur le hall de l´aéroport de Berlin, nous aperçûmes un grand type costaud nous faisant des grands signes : c´était Reiner Boller qui était venu nous accueillir, flanqué de Stefan, chauffeur occasionnel et bénévole de la fondation Karl May dont nous étions les invités.

Huit ans auparavant, Reiner, journaliste et écrivain, avait pris contact avec moi par internet pour une longue interview qui parut dans la revue consacrée au grand écrivain auquel les membres de la fondation rendaient hommage en ce week-end du 24 Juillet. Depuis 8 ans, Reiner et moi n´avions cessé de correspondre. C´est la raison pour laquelle il avait été choisi comme ministre plénipotentiaire entre la fondation Karl May et nous. Pendant notre séjour sa présence amicale et effective a contribué à faire de ce week-end une parfait réussite.

A la sortie de l´aéroport, une surprise nous attendait : la pluie! La pluie que nous avions souhaitée et qui nous accueillait en clapotant ! Sevrés depuis des mois, nous ne cherchâmes point à cacher notre plaisir, à la grande surprise de nos deux compagnons.

Après être passés à l´hôtel Hollywood Media (Kurfürstendam) propriété d´Arthur Brauner, producteur du film «Shatz der Atzeken» (au cours du tournage duquel nous nous étions connus, Teresa et moi ) dont nous allions célébrer le 91ème anniversaire, nous nous rendîmes à un restaurant pour un dîner qui nous permit de mieux faire connaissance, Reiner et nous. Nous découvrîmes en Reiner un homme d´une grande gentillesse et d´une grande humanité que nous considérons, Teresa et moi, depuis notre séjour berlinois, comme un véritable ami. Toutefois, la soirée ne se prolongea pas outre mesure car le lendemain nous attendait une longue journée.

Samedi 25 juillet 2009

Gérard Barray dans l'univers de Karl May …

A 11 heures du matin nous attendaient, dans une grande salle de l´hôtel où ils avaient célébré leur réunion annuelle, un très grand nombre de fans des romans de Karl May et des films qui furent tirés de ses oeuvres. Michael Petzel, leur président et grand maître de cérémonies  nous reçut avec force embrassades car le film que nous avons tourné ensemble, Teresa et moi, est devenu un véritable film culte : certains des spectateurs l´avaient vu dix fois!

L´accueil du public fut plus que chaleureux et l´interview de Michael put commencer après que soit venu se joindre à nous Georges, un fan luxembourgeois, aimable polyglotte qui nous servit désormais de traducteur.

Après l´interview, Teresa et moi dûmes nous soumettre à l´inévitable  signature d´autographes :des centaines de photos, bouquins, affiches et documents les plus divers sortirent des poches, des sacs, des valises (!), de nos aimables fans berlinois (et même d´ailleurs, je suppose, car certains étaient venus de très loin). Durant de longues minutes ( heures ? Jours ? mois ?) nous signâmes et resignâmes, nous sourimes et resourimes, nous nous laissames photographier en distribuant des “mais non, ça ne nous ennuie pas”… interminablement. Nos deux poignets droits (nous sommes droitiers l´un et l´autre) donnant des signes d´abandon, nous rejoignîmes notre chambre où nous nous refîmes une santé afin de pouvoir, sourire aux lèvres, assister au Gala du soir.

Au cours de cette soirée, nous souhaitâmes un “Joyeux anniversaire” à Arthur Brauner qui fêtait ses 91 printemps l´oeil vif et la forme olympique ( catégorie seniors!). Visiblement heureux de nous revoir, il nous traita comme des amis qu´il aurait quittés la veille et, au cours de la soirée, satisfait des retrouvailles, nous invita à déjeuner avec lui le lendemain dimanche.

Après le dîner, Teresa et moi rejoignîmes à nouveau Michael Petzel sur la scène préparée pour le show d´après-repas pour une nouvelle interview, le cher Georges toujours traduisant. Le show se déroula ensuite avec un grand intérêt de la part des invités jusqu´à ce que, fatigués par une longue journée, nous rejoignîmes nos pénates.

Arthur Brauner

Dimanche 26 juillet 2009

Le lendemain, après la projection du film «Shatz der Atzeken» dans la salle où se déroule le Festival de cinéma de Berlin, re-interview de Michael, retraduction de Georges et re-signatures …

A l´heure du déjeuner, une ravissante jeune fille (la petite fille favorite d´Arthur) vint nous libérer au volant d´une grosse Mercedes et nous conduisit à l´excellent restaurant où Arthur allait nous traiter. Ce repas à quatre (Arthur, Laura, Teresa et moi) fut si agréable que, commencé à une heure et demie, il se termina à cinq heures de l´après-midi. Après un échange d´adresses et de numéros de téléphone, Laura nous reconduisit à l´hôtel, après un dernier “abrazo” à Arthur.

Lundi 27 juillet 2009

Le lundi, nous eûmes quartier libre. Après avoir serré dans nos bras notre sympathique Reiner Boller ainsi que sa jolie fiancée mexicaine Rocío, (une aubaine pour Teresa qui put, grâce à cette rencontre, s´exprimer en espagnol) nous jouâmes les vrais touristes et visitâmes Berlin sous un beau soleil de Juillet. Nous découvrîmes une ville entièrement reconstruite (ce qui n´était pas le cas 45 ans auparavant) avec une discrétion de bon aloi et très agréablement arborée.

Après avoir franchi la limite qui séparait les deux Berlin avant la réunification, passant devant un bistro qui affichait “Check point Charlie”, j´eus une pensée douloureusement émue pour mon ami Gert Andreae, comédien et metteur en scène allemand emporté par un cancer alors qu´il commençait une belle carrière au Deutsches Theater que j´avais connu à Paris et à qui j´avais rendu visite au moment du tournage du film. Il avait alors une petite fille de deux ans à qui j´avais eu l´idée d´apporter en cadeau un grand carton bourré de bananes, d´oranges, de chocolats et de friandises de toutes sortes ( denrées rarissimes à Berlin Est à cette époque ) : lorsque nous ouvrîmes le carton, elle poussa des hurlements de joie. Ils résonnent encore dans mes oreilles en pensant à l´ami disparu qui n´a pas eu le temps de connaître la démolition du mur et le trop célèbre “Check point Charlie” transformé en brasserie.

Gérard Barray, août 2009