Gérard Barray, en 2009 …

 

 

 

"J'ai rendez-vous avec vous"

'lAffiche de l'événement

Gérard aurait pu reprendre cette chanson éternelle de Brassens… pour cette rencontre avec sa ville de Montauban en ce début d’année 2009.

Et ce rendez-vous, il ne l’a pas manqué ! Il a fait le voyage depuis Marbella en Andalousie, avec son épouse Teresa … Et tous ses amis étaient là, depuis ceux de l’enfance jusqu’aux plus récents pour les accueillir tous les deux !

A sa demande, et avec son entière approbation, je viens, Cher Visiteur, vous narrer les étapes de ce week-end réussi, chargé d’émotions pour tout le monde.

Ce fut pour moi personnellement l’occasion de le rencontrer vraiment après plusieurs années d’échanges internautes … Le rencontrer ? Bien sûr, il y avait ce souvenir sur le tournage de «Hardi Pardaillan» où, adolescente encore, je l’avais aperçu sur les bords de la Loire, non loin de Saumur … Le temps passe si vite ! Qui m’aurait dit que 45 ans après … Mais j’ai retrouvé Gérard tel que je me l’imaginais. Sa voix est exactement celle qu’il prêtait aux héros que nous aimons toujours autant et le sourire qu’il affiche très facilement est aussi celui que nous lui connaissons dans ses rôles les plus attachants !

Gérard ! A vous écouter faire ce voyage à travers votre carrière, j’ai envie de vous dire que je ne vous croirai plus jamais si vous m’affirmez être paresseux. Ou alors, vous êtes un paresseux particulièrement dynamique ! Je sais : oxymore trop facile pour le talentueux écrivain que vous êtes, mais quand je réalise tout ce que vous avez fait …

Vous me permettrez tout de même de vous avouer combien j’ai été émue en entendant les réflexions de mes petits mousquetaires que votre ami François-Henri a lues et que toute la salle a aimées. Vous étiez à quelques mètres devant moi ; je vous sentais attendri et je revoyais les petites frimousses éveillées et si candides en train de les prononcer. Je me suis sentie privilégiée car j’étais la seule à pouvoir faire ce rapprochement ! Merci à vous pour cette touchante attention !

Alors nous le revivons ensemble ce joli moment ? Dans l’attente d’autres à suivre bien sûr !

Mais avant d’entamer ce récit, je laisse la plume à Gérard lui-même … 

 "Je dis merci à tous ceux qui, de près ou de loin, connus ou inconnus, ont contribué à faire de ces deux journées, deux journées inoubliables. Elles resteront gravées dans mon cœur, jusqu’au jour du Grand Départ.".

Gérard Barray, janvier 2006

"On ne devrait jamais quitter Montauban …"

Gérard Barray sur scène

Si, peut-être ! Mais à condition d’y revenir souvent !

Quoi de plus essentiel quand on réside loin de sa terre, que de revenir se plonger pour quelques jours dans ses souvenirs, dans sa jeunesse, dans ce qui constitue ses racines ?

C’est ce qu’a fait le comédien Gérard Barray les 10 et 11 janvier 2009, à Montauban, en répondant à l’invitation de la Compagnie des Ecrivains du Tarn-et-Garonne dont il est membre d’honneur, ainsi qu’aux membres de l’Association du “Local” initiateurs de ces rencontres, et à celles de ses nombreux amis.

L’émotion est très vite là, ce samedi matin d’hiver quand il retrouve dans une des salles de l’Ancien collège de Montauban qu’il connaît bien, ses amis d’école, de lycée, de jazz, de théâtre et de littérature.

Accueilli comme il se doit pour le mousquetaire qu’il est resté dans nos mémoires, par les membres du club d’escrime de Montauban qui lui font une haie d’honneur, Gérard, haute silhouette sur qui les années n’ont pas eu vraiment de prise (il a le secret de faire du “sur place;”, c’est sûr, mais particulièrement coquin, il ne veut pas nous le révéler) arrive dans une salle remplie !

Accompagné de sa charmante et si souriante épouse Teresa, celui qui reste le héros de notre jeunesse a donc reçu en plein cœur, cette bouffée de chaleur humaine.

«Tu te souviens Gérard ? J’étais avec toi à l’école Golfié, Moi j’étais avec toi au lycée, Moi ? Ta maman m’a mis au monde ! Moi ! J’ai fait de la musique avec toi dans le Hot-Club de jazz de Montauban … Moi ! j’étais avec toi quand tu as présenté ton « Héros de l’amour »  Des détails de jeunesse, nostalgiques, sincères et affectueux resurgissent …que d’amitié exprimée !... »

Le héros du jour est accueilli par quelques mots de Madame Andrée Chabrol-Vacquier, Présidente de la Compagnie des Ecrivains du Tarn-et-Garonne qui reprend certains passages du texte que Gérard a écrit sur sa belle ville rose!

Ensuite, Monsieur Norbert Sabatié, Vice-Président, prend la parole ! Paul Duchein, un ami, empêché au dernier moment aura envoyé une lettre chaleureuse qui sera lue. Sur une estrade, Gérard se retrouve face à son public. Des gens qu’il reconnaît dans la salle sont venus d’autres coins de France : José Sourillan, journaliste, cinéphile, et son ami de longue date qui vient de signer un film sur Annabella en attendant celui qu’il consacrera un jour prochain à son ami Gérard, Philippe Donadille (auteur de la partie cape-et-épée de la carrière de Gérard sur le présent site), venu des environs de Nîmes et moi-même, arrivée de Rochefort ! Nous avons tous deux la tâche agréable de transmettre à Gérard le bonjour de tous ses “mousquetaires”. Je profite de ce reportage pour dire à Gérard combien toute notre équipe a été touchée ! Il a publiquement et à plusieurs reprises exprimé sa fierté par rapport à son site officiel ! Mais nous sommes très fiers et heureux pour lui de constater que le nombre de ses visiteurs de tous les coins du monde est impressionnant au moment où j’écris ces lignes ! Bienvenue et merci à tous ! N’hésitez pas à nous rendre visite souvent !

Revenons à ces moments d’échange à Montauban … Gérard écoute, laisse remonter les souvenirs … Le cœur au bord des yeux … Il avait certainement préparé un petit discours, mais l’émotion l’emportant, il préfère répondre aux questions de la salle ...

Une interview impromptue …

  • Pourquoi a-t-il choisi Marbella comme lieu de résidence ?

    Malicieusement il nous dit qu’il va «peut-être être honnête avec nous» … et nous donne sa réponse : « Le soleil » ! Après son séjour aux Antilles, il ne se voyait plus dans l’atmosphère d’une grande ville et il voulait surtout la proximité de la mer ! Et puis l’Espagne n’est-il pas le pays de son épouse ?

  • Son affection pour Montauban …

    Oui ! Il aime Montauban, Oui ! il a une passion pour le jazz qu’il ne peut dissocier du swing, Oui ! Il se rappelle Hugues Panassié mais aussi ses amis du "Hot jazz de Montauban" dont l’un d’eux, présent, prend la parole (le guitariste sur la photo d’époque ). Il s’appelle Henri Serres, il est devenu médecin. Gérard ne l’avait pas vu tout de suite ! Il est heureux de se retrouver à ses côtés. Il y avait si longtemps qu’ils ne s’étaient pas rencontrés. «J’étais son aîné et je m’étais orienté comme lui vers des études de médecine sur Toulouse … J’étais chargé de le guider» confiera le Docteur Serres.

  • Comment a démarré sa carrière ?

    Avec humour mais aussi une nostalgie tendre, Gérard raconte son histoire de jeune occitan qui a vécu une aventure extraordinaire, qui lui a fait rencontrer des gens hors du commun, qui lui aura fait découvrir d’autres lieux, d’autres mondes.

Gérard narre son arrivée dans la capitale, lorsque, sur un coup de tête, il décide d’y monter, pour respirer un air de liberté dont il avait besoin à ce moment-là de sa vie. Il évoque ses rencontres avec Noël Roquevert, René Simon qui le « gardera » malgré son accent qualifié d’épouvantable, et l’ambiance du cours avec des copains comme Jean-Pierre Cassel, les passages dans les cabarets avec Serge Rousseau, Louis Amstrong, Edwige Feuillère qui le choisit, lui, alors inconnu du public, pour être Stanislas dans «l’Aigle à deux têtes», et bien sûr Jean Cocteau, Jean Marais etc …

On le sent très généreux, prêt à nous livrer tout plein de détails qui ont parsemé sa carrière et disponible pour partager intensément ces moments de retrouvailles.

Un montage de ses principaux rôles est projeté où le public joue aux devinettes pour retrouver les titres des films ! Monsieur Patrick Fonzes, président du "Cercle des Amis de Bourdelle", nous commente allègrement cette projection.

Afin de célébrer D’Artagnan comme il se doit, une démonstration d’escrime nous est offerte par Messieurs Guy Estanove et Edmond Kayser ! Le public apprécie la technique et l’adresse des deux épéistes.

Remise de médaille …

Gérard Barray et Roland Garrigues

Monsieur Roland Garrigues, conseiller général et ancien maire de la ville, remet à son ami la médaille du département.

Le vin d’honneur est le moment d’échanges informels, spontanés. Gérard est détendu et plaisante avec les uns , les autres. Nous retrouvons facilement sur ses traits la malice de D’Artagnan. Teresa est également bien entourée …

Après le repas pris ensemble de façon chaleureuse et conviviale, une projection du film «Sale temps pour les mouches» nous donne l’occasion de le revoir avec Jean Richard et Paul Préboist en dynamique commissaire San Antonio : l’opportunité pour lui d’évoquer ensuite son ami Frédéric Dard et du grand vide qu’il a ressenti à la disparition de ce dernier.

Une question qui se voulait sans doute impertinente mais qui n’était que malvenue (nous n’étions pas dans une conférence de presse mais dans une rencontre-hommage) lui est posée : «Pourquoi un tel film ‘alimentaire’ ?». L'interpellé répond : «Mais tous les films sont alimentaires, dans la mesure où nous touchons un cachet ce qui nous permet de gagner notre vie». Elémentaire, mon cher San Antonio ! Et puis, ce film, il était vraiment bien sympathique, heureuse évocation des années 60 !

Un autre hommage attend Gérard Barray à la mairie de Montauban, où il se voit remettre la médaille de la Ville par Madame Brigitte Barèges, député-maire.

Une soirée souvenir …

Gérard Barray lit …

Le soir, nous nous retrouvons dans la salle "Le local" pour un échange-souvenir orchestré cette fois par son ami François‑Henri Soulié, celui-là même qui l’avait mis en scène dans «Le héros de l’amour» au début des années 90, et fils de son grand ami Henri Soulié aujourd’hui disparu. Gérard est aussi resté lié par une très profonde affection à Madame Henri Soulié avec qui il est allé tout petit en classe !

Sous l'impulsion de Monsieur Henri Guieysse, président du "Club des cinéphiles montalbanais", la salle est décorée de belles affiches des principaux films ; deux fauteuils, un piano et un écran …Un décor sympa, intime, propice aux confidences. François nous lit en prologue un texte que Gérard a écrit de son beau coup de plume et que nous avons publié par ailleurs. Tout est-il vraiment hasard, Gérard ? En tous cas, il y a alors d’heureux hasards n’est-ce pas ?

Sous les applaudissements, l'acteur descend l’escalier qui lui permet d’atteindre la scène ! Et, tout comme Mistinguett, il peut assurément dire «Je l’ai bien descendu !». Pas question de renouveler l’exploit de Stanislas dans «l’Aigle à deux têtes», où il devait accomplir un roulé-boulé fatal dans l’escalier, sur la scène (c’est Jean Marais, créateur du rôle qui avait soufflé cette lumineuse idée à Jean Cocteau).

La vie et la carrière de Gérard sont à nouveau évoquées sous un autre angle … Au premier rang, Lucie petite Milady de 6 ans et Thibault 8 ans (futur d’Artagnan, c’est sûr !). Thibault qui, à mon côté, voudra repérer Gérard dans tous les extraits de films qui seront présentés : «Où il est ? Où il est ?». Il découvrira par la même occasion Jean Marais… Il ira fièrement faire un bisou à la fin de la soirée à Pardaillan – D’Artagnan !

Parmi le public, des amis d’enfance de Moulis. Les étapes de la vie de Gérard s’égrènent pendant deux heures et demie ! Personne ne voit le temps passer ; surtout pas Gérard, surtout pas François ! Beaucoup de sincérité dans cet échange, pas de langue de bois.

L’enfance d’abord, avec le rappel de son premier rôle en petit Saint-Jean Baptiste, puis dans une interprétation du Clairon de Paul Déroulède, que Gérard nous mime de façon très mélo ! L’école, le lycée, et les photos de classe… Gérard nous précisera que sur l’une d’elle, il porte un pull jacquard tricoté par sa grand-mère –mode lancée par Patrice/Jean Marais dans l’Eternel Retour et reprise par toutes les tricoteuses de France-… eh oui ! Déjà Jean Marais…

Le jazz avec le regret que cette musique rythmée se soit orientée vers un style plus inaccessible, plus ingrat. La montée à Paris, tout cela revient … avec d’autres réflexions, d’autres mots …

Des phrases ressortent de toutes ces confidences : René Simon qui prévenait ses élèves : «Vous n’entrez pas dans un métier, vous entrez dans une aventure !». Gérard se souviendra de son maître quand, à son tour, il formera de jeunes élèves à Pointe-à-Pitre dans les années 70 et s’inspirera de lui dans sa façon d’animer une classe d’art dramatique ! On n’oublie pas les bons repères qui nous ont été inculqués …

Des rencontres encore ! Des évocations de ses metteurs en scène, des bonheurs, comme celui de pouvoir donner la réplique à Jacqueline Maillan, ou bien la fierté d’avoir pu jouer Armand Duval dans «la Dame aux camélias» sur une adaptation de Marcel Pagnol, un direct à la télévision … «C’était une époque où l’on prenait des risques !». Et puis plus tard, «Dom Juan» de Molière …

Des déceptions pour certains films qui auront moins bien marché, un peu d’amertume parfois à propos de certaines retrouvailles qui n’auront pas été aussi chaleureuses qu’il l’aurait souhaité, mais aussi des sourires en se rappelant les facéties de Paul Préboist sur le tournage des San Antonio …

 Beaucoup d’émotion et de tendresse en évoquant Frédéric Dard; une anecdote humaine à son propos et qui nous permettra de mieux connaître le personnage.

Quelques anecdotes …

Gérard Barray va nous en offrir plusieurs ! Certaines, il nous les a déjà confiées et elles sont évoquées sur le site comme sa rencontre avec Jean Cocteau … : on lui avait demandé de venir lors de la première entrevue pour «l’Aigle à deux têtes» muni d’un short …, rappel aussi du jour où il a failli rendre son rôle de Stanislas toujours dans «l’Aigle» …

Mais bien d’autres histoires inédites. Ainsi :

  • «Le jour où j’ai vraiment voulu mourir sur scène» (Aigle à deux têtes – 1960 – Théâtre Sarah Bernhard)

    Edwige Feuillère réalisant mon très long rôle à mémoriser, me propose que le texte –je suis son lecteur dans l’histoire - soit écrit dans un livre que j’ouvrirai simplement ... J’accepte, cela me fait cela de moins à mémoriser, le rôle de Stanislas étant déjà bien lourd !

    Le soir de la générale, je ne vois aucun livre à l’endroit prévu ! Je suis affolé … Edwige s’en aperçoit et entre les lèvres, discrètement, me glisse «Que se passe-t-il ?» …Je ne peux que lui répondre, lèvres serrées moi aussi : <«Le livre n’est pas à sa place» … A ce moment-là, moi jeune acteur que les critiques et le fameux “Tout Paris” attendent “au carrefour”, je ne souhaite qu’une chose : mourir sur le champ, être englouti au trente-sixième dessous de la scène et disparaître à jamais !

    Je sens Edwige tendue et je panique. Heureusement, j’avais tout de même pris connaissance du texte que je devais lire. Je bafouille un peu, je suis hésitant mais je réussis tant bien que mal à “sauver les meubles” en improvisant le texte que j’aurais dû lire de façon bien plus assurée. Le lendemain, la presse évoquera un jeune Stanislas, hésitant quelque peu au second acte. Tu parles ! Inutile de dire que le régisseur aura entendu parler du pays le soir même, et que pour toutes les représentations suivantes, je veillerai moi-même, après avoir jeté un œil sur la salle par un petit trou discret dans le rideau, à ce que le fameux livre-traître soit en bonne et due place !

  • Jean Cocteau …

    … lui enverra un petit mot à l’occasion de la nouvelle année 1960. Il lui demandait d’aller frapper à la loge de ses camarades pour leur transmettre ses vœux ! Gérard nous ajoutera combien il est fier d’avoir pour toujours cette petite carte signée du célèbre poète mais se rappelle l’amertume sincère de ses partenaires qui auraient apprécié de recevoir chacun les vœux personnalisés de l’illustre auteur !

  • Le jour du Gala de l’union des artistes (1972) 

    Il fallait être fou pour faire un truc pareil ! Je n’étais pas un professionnel pour ce genre d’acrobaties. De plus c’était juste le moment où j’allais bientôt être papa pour la 2e fois !

    Moi, pendu par les pieds sur un trapèze à plus de dix mètres du sol, j’étais relié à ma partenaire par un collier à boules (gare aux cervicales !). Et vous imaginez notre angoisse à tous les deux quand nous avons vu de là-haut, les garçons de piste enlever les protections en cas de chute (qui d’ailleurs ne nous auraient pas vraiment protégés) sous prétexte que cela gênait les câbles de la télévision !

    Quand les journalistes vinrent me questionner face aux caméras, avec un sourire béat de circonstances, «Alors Monsieur Barray ! Vos impressions après cet audacieux numéro», je peux vous dire que je n’avais plus de salive pour leur répondre ! Ce même soir, mon copain Jean-Pierre Cassel faisait le numéro du réverbère que Jean Marais avait déjà réalisé quelques années auparavant. Nous étions aussi fous l’un que l’autre !

  • Faut-il manger pour vivre …

    Un jour où, avec Valérie Lagrange, je présentais un film à Madrid, je rencontrais Philippe de Broca, Catherine Deneuve et d’autres … Tous me conseillèrent d’essayer un autre genre au cinéma, un genre plus “intello” peut-être …

     J’ai voulu pendant un temps suivre leurs conseils, j’ai refusé des rôles pour changer de registre (encore une belle connerie ! …) sauf que le téléphone ne s’est plus mis à sonner pour moi. Et alors que fait-on ? Michel Roux qui m’a plusieurs fois mis en scène et que j’appréciais beaucoup, me dit un jour fort justement : «Un comédien, c’est fait pour jouer, alors joue !». C’est lui qui avait raison.

 Toutes les fêtes ont une fin …

Gérard Barray lit "le Héros de l'Amour"

Des extraits de films du héros du jour défilent sur l’écran et le public réalise que Gérard a eu le plaisir de jouer aux côtés de prestigieux partenaires. Tout le monde est amusé de le voir jeune, au début de sa carrière.

Le comédien se plaît à nous désigner Claude Carliez, maître d’armes qui l’a formé en art de l’épée : «Pour le Capitaine Fracasse , je n’avais jamais pratiqué d’escrime. J’ai tout appris de lui ». François Henri rajoute : «C’était ton ami !». Gérard tiendra à préciser : «C’est toujours mon ami ! ». Il l’avait pourtant joyeusement occis dans un magnifique duel des «Trois Mousquetaires». Claude Carliez ? C’était Bernajou, la fine lame à la solde de Richelieu.

Gérard rappelle ensuite tendrement sa rencontre avec Teresa, son épouse, sur le tournage de «les Mercenaires du Rio Grande». Il avait signé ce contrat pour s’évader au Mexique et se retrouva finalement en Yougoslavie ! «Tous mes partenaires s’ennuyaient ferme sur ce tournage … sauf nous deux !». Et d’ajouter … : «Et voilà ! Un mariage à la mairie de Montauban , le 16 juin 1965… Deux enfants…deux petits enfants…la vie quoi !!!».

D’autres épisodes de sa vie reviennent  : 1968, où pour sans doute réagir à leur façon, Gérard et ses copains chantaient une chanson bien coquine dans la langue occitane alors que d’autres scandaient l’internationale. Le souvenir est tellement présent dans leur tête que son ami d’enfance qui faisait partie de cette joyeuse bande parisienne, Gérard Montaut, se met au piano et entonne la malicieuse chanson paillarde, Gérard reprenant en chœur ! Les Montalbanais dans la salle ont tous compris, mais c’est drôle ! Curieusement personne n’a osé me la traduire …

Gérard fait une petite allusion à un autre comédien montalbanais qui fait une belle carrière, Roland Giraud. Il s’était arrangé pour qu’il soit sa doublure-lumière sur le tournage des Pardaillan !

Une anecdote encore au sujet du très beau film espagnol «Ouvre les yeux». Notre ami nous confie qu’il a dû relire le script plusieurs fois pour saisir l’intrigue qui, il est vrai, est bien sibylline. Mais le jeune metteur en scène, Alejandro Amenabar, lui assurera qu’il n’y a finalement rien à comprendre ! Les spectateurs ne vont effectivement rien comprendre, mais ils auront passé un bon moment !

Pour terminer, François-Henri invite son ami à nous lire le dernier chapitre de son «Héros de l’amour». Debout, Gérard ne se fait pas prier et la salle est suspendue à ses mots. Le texte est fort, dramatique, tendre, avec une pointe de dérision voire d’humour ! Le comédien est là, plus que jamais, avec sa sensibilité d’artiste et il sait parfaitement faire passer les émotions comme il le veut.

La soirée s’est prolongée et il faut se quitter ! Le lendemain, une autre séance est prévue dans l’après-midi. Elle durera 3 heures ! Gérard, à la fin, se sentira sans doute fatigué, mais très ému et heureux de toute cette sympathie ambiante qu’il aura bien perçue autour de lui pendant ces deux jours.

 Dimanche soir, il est temps de nous dire au revoir ! Chacun repart et les moments de séparation sont toujours un peu tristes. C’est promis ! Gérard ! Nous nous reverrons prochainement …

Le hasard fait décidément bien les choses et d’autres jolis moments se profilent déjà à l’horizon …

Donatienne, Mars 2009
 
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