1/4 - Histoire d'un petit Occitan...

 

 

Gérard Barray, enfant

L'enfance ...

Notre Scaramouche français est né à Toulouse le 2 novembre 1931. « Le jour des morts ! ça commençait bien ! », dit-il.

Sa maman que toute la famille appelle affectueusement “Yéyette ” avait prévu dans sa tête, l’arrivée d’une petite Geneviève, et préparé la layette en conséquence avec un G brodé sur le petit linge !

Mais c’est un gros garçon qui se présenta et il fallut trouver un prénom commençant par G : « On hésita entre Gilbert et Gérard et on choisit Gérard sans me consulter » nous raconte avec son humour bien à lui notre futur et fringant commissaire San Antonio !

Le bébé fut donc déclaré Gérard, Marcel Louis Barraillé, portant ainsi les prénoms de ses parrain et marraine. Il raconte que ses parents dans un premier temps ne le trouvèrent pas beau, mais très vite les choses se sont plutôt bien arrangées… Il était tout de même mignon ce bébé Gérard ! Non ?

Barraillé est ainsi son véritable patronyme. C’est un nom d’origine occitane, “Barral ” veut dire baril ou tonneau. « Mon ami Paul Andréota prétendait que lou barraillé est celui qui boit directement au tonneau … », ce qui lui vaudra une mise en boîte malicieuse de son entourage. .

Il raccourcira son nom plus tard pour devenir pour le public...

Les Ponts jumeaux

Son père, un ingénieur des arts et métiers, originaire de Mazamet, dirige une usine près des Ponts Jumeaux à Toulouse. Mais ses parents se séparent assez vite et la jeune mère retourne alors à Montauban, sa ville natale avec son petit garçon.

De son enfance auprès de son père, Gérard garde un souvenir particulier… Il avait un peu plus de quatre ans, un 1er mai et il s’est faufilé avec des petits copains accompagnant leur père ouvrier dans le défilé ; son papa à lui, qui n’avait pas l’âme militante des manifestants, sortit pour jeter un coup d’œil sur le spectacle de la rue : « Quelle ne fut sa stupéfaction de voir son rejeton au milieu de la foule, le poing dressé et chantant “l’internationale ” à pleine voix ! Il mit rapidement fin à ce désolant spectacle ».

Gérard se retrouve donc seul avec sa maman déjà titulaire d’une licence de français-latin-grec et qui va reprendre des études pour devenir sage-femme. Elle tiendra par la suite une clinique d’accouchement, profession qu’exerçait déjà sa propre mère.

De sa maman, il dit: « C’était une mère à poigne ! ».

En vérité, il n’est pas seul ! Avec lui, ses grands-mères, arrière-grands-mères, tantines, cousines, marraine sans oublier une gentille vieille gouvernante, “Madame Elise”. « Tout ce monde enjuponné m’adore, me chouchoute et m’adresse de tendres diminutifs occitans ».

Gérard a le doux souvenir d’avoir été bercé par la belle langue d’oc que ses grands-mères parlaient et, à son tour, il usera de ses mots caressants vis-à-vis de ses petits enfants Andres et Patricia.

Gérard Barray louveteau

C’est cependant à Montauban qu’il va à l’école, à l’externat Saint-Jean que les Montalbanais appelaient aussi “l’Ecole du Curé ”. Il est enfant de chœur à l'église St-Jean Villenouvelle et se rappelle qu’on venait le chercher pour les baptêmes ou les enterrements.

C’est tout à côté de cette école, qu’était le cinéma "l’Etoile", avec une scène ; et c’est dans cette salle qu’il fait ses premiers pas sur les planches…. Il a 7 ou 8 ans et il joue un petit Saint Jean-Baptiste convaincant ! « Peau de mouton sur l’épaule et houlette à la main, je déclamai sans hésiter les trois cents alexandrins que ma mère avait écrits pour l’occasion ;gros succès ! »

Une deuxième prestation lui apporte un autre succès mémorable…

Une adaptation de la chanson "Le Clairon" de Paul Déroulède: « Moi, vêtu comme un zouave, un clairon à la main, je mime…la chanson se termine tragiquement, le zouave, frappé d’une balle en plein cœur expire en jouant une dernière fois l’air martial dans son clairon faiblissant. Les applaudissements crépitent …»

Il joue tellement bien que les mamans en ont les larmes aux yeux…Réalise-t-il déjà qu’un jour…il se pourrait que … ?

Un court passage chez les louveteaux ne l’aura pas vraiment emballé; un camp à Bruniquel sous la pluie lui laisse un trop mauvais souvenir. Il pose tout de même pour la postérité, bien sage, en louveteau, justement...  

11 ans ! C ’est l’entrée au Lycée Ingres de Montauban … “sa ville” ! Gérard est un Montalbanais dans l’âme !

Voulez-vous nous accompagner dans la visite de cette ville charmante cité de briques roses?... 

 Les années sombres sont déjà bien là …Sa maman prévoyante, avait loué avant le début de la guerre une petite maison à Moulis.

De bons moments restent gravés en lui malgré ce temps de guerre, « C’est là que j’ai passé les jours les plus heureux de ma jeunesse ».

Randonneurs, poursuivons notre promenade jusqu'à Moulis et Reynies de sa jeunesse... 

La Guerre …

De la guerre, il ne donne pas l’impression de garder des souvenirs trop douloureux, c’est un enfant de 8 ans quand elle commence…

Il se souvient qu’au moment de l’Occupation, une partie de la maison fut réquisitionnée et que 6 soldats y logeaient. Il aura eu une belle peur, par contre, le jour de leur départ ;  pensant que plus aucun allemand n’était présent, il entreprend de déchirer le portrait d’Hitler…malheur ! Un soldat est encore là ! Gérard a encore en mémoire son regard mauvais ! Il apprendra plus tard qu’il s’agissait de la division "Das Reich" responsable du massacre d’Oradour sur Glane.

Gérard Barray au piano

Une adolescence sur fond de jazz ...

Un jour,  le fils d’une amie de sa mère lui prête un phonographe et quelques disques (78 tours bien sûr). Il emporte le tout à Moulis. Sur ces microsillons ont été gravés des morceaux musicaux d'un genre tout nouveau pour le jeune garçon: du jazz !  C’est un coup de foudre … et la naissance d'une passion qui ne le quittera pas .

 Voulez-vous en savoir plus?... 

La Libération ! Il approche de ses 15 ans… Il est toujours lycéen… Il continue la musique, même si les airs de l’époque accompagnés par un accordéon ne correspondent pas à ses goûts. Ses copains le poussent à se présenter aux radio-crochets organisés dans la région. Les airs qu’il interprète ne font pas le poids à côté de ceux interprétés par les “roucouleurs” style Tino Rossi. Mais lui a trouvé “sa musique”, c’est le jazz !

  Le bac en poche, la faculté à Toulouse , voilà un projet sérieux, pour devenir médecin-obstétricien et prendre la suite de sa maman à la tête de la clinique.

Gérard commence donc une vie d’étudiant.  Mais est-il vraiment fait pour cela ? ...