3/4 - Une parenthèse inévitable...

 

 

 

Au service militaire...

Le Service Militaire et l'Algérie...

Gérard avait obtenu un sursis mais il lui fallut bien toutefois accomplir son temps d’armée. « Ma classe avait fait 16 mois, je m’en suis tapé 32 ! Mouvementés, souvent marrants, parfois dramatiques… »

Dans un premier temps, il est affecté au CIT 151 de Monthléry, où il devient secrétaire d’un capitaine. Quelques mois plus tard, il prend l’habitude de rentrer tous les soirs sur Paris dans sa voiture – une SIMCA Aronde - bourrée de copains: « Le matin, je dépassais la voiture du capitaine… ». Ce dernier lui prédira un accident, tellement il conduisait imprudemment ! Et cela lui arrivera au retour d’un week-end bien arrosé avec les copains …

Hospitalisation au Val de Grâce pendant plus d’un mois: « Mon coude était en purée »... Convalescence à Moulis et rééducation à Montauban : « Je tire 6 mois pépère… ». A terme, il regagnera Paris, intégré au Ministère de la Défense Nationale sous les ordres d’un chef très sympathique… « Mais, un jour fatidique, un télégramme nominatif m’avisera qu’on ne peut gagner la guerre d’Algérie sans moi… »

Nous étions alors en pleine guerre et Gérard y restera 9 mois (1958-1959).

La chanson ...

Le microsillon enregistré par Gérard Barray

Un fait artistique toutefois, pendant cette période en Algérie : Gérard est présenté à Jacques Bedos (l'oncle de l'humoriste Guy Bedos), qui était directeur du service variété à Radio et Télé-Alger : « Non seulement, nous sympathisâmes, mais nous devînmes intimes. Il me faisait donc participer à un tas d’émissions dans lesquelles je chantais mes chansons, parfois accompagné par Jacques Loussier (lui aussi troufion !) et le plus souvent, accompagné par …moi ».

Lors d’une émission animée par Jacques Bedos, Gérard fait la connaissance de Max de Rieux, directeur artistique chez Decca. Ce dernier entend sa prestation chantée et l’engage pour enregistrer un disque : «Vous imaginez mon enthousiasme ! »

Max de Rieux tiendra parole et dès son retour dans la capitale, le disque sera réalisé. Une déception cependant : « le disque n’est pas fameux, mais surtout pas du tout comme je le souhaitais. J’aurais voulu y chanter mes propres chansons… ». Gérard réussit tout de même à en imposer une, Le cœur des filles, dont il a composé la musique sur des  paroles de Serge Rousseau. Nous avons eu la chance de la retrouver et , si le téléchargement sur votre micro en est terminé, vous pouvez l'écouter en cliquant (une ou deux fois suivant votre navigateur) sur le bouton "play" de ce petit magnétophone...

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Mais, à part ce disque, lors de son retour en métropole, il réalise que sa période sous les drapeaux l’a coupé de ses relations dans le métier. Il est un peu oublié; Il n’a pas d'argent. Fort Heureusement , il est recueilli par sa grande amie, l'affectueuse Ginette Garcin, et son mari Robert Beauvais, rue Saint-Martin, dans un minuscule appartement que venaient de quitter Jean Yanne et son épouse Jacqueline : « On ouvrit un lit Picot dans le living. Un fauteuil judicieusement placé au bout du lit me permettait d’allonger mes jambes » Un lit picot étant un lit de camp militaire à struture tubulaire, Gérard connut donc quelques nuits… à la spartiate ! Les temps sont durs… Et pourtant…

 

Avec Edwige Feuillère
dans "l'Aigle à deux têtes"

Après le cabaret, le théâtre, voilà enfin les grands rôles au cinéma

La grande actrice qu’était Edwige Feuillère avait de la mémoire. Gérard est rappelé pour L’Aigle à deux têtes. Bien sûr, à ce moment là,  il a récupéré sa chevelure naturellement brune. Il passe une audition devant la grande actrice. La ravissante Evelyne Dandry lui donne la réplique. Convaincant, il est engagé. Mais, curieuse exigence, il lui est demandé de se présenter en apportant un short : durant le premier acte, il porte un pantalon court et l’on doit donc vérifier s’il n’a pas les jambes tordues : « Dieu merci, elles ne l’étaient pas.  Le jour de la première, le Tout-Paris était dans la salle. Je cessais d’être inconnu. »

« Je ne me souviens plus comment j’ai connu Jeanine d’Almeida. Elle était l’agent de Pascale Petit et de son époux, Gianni Esposito… » . Grâce à elle, Gérard va décrocher son premier vrai grand rôle au cinéma dans L’eau à la bouche

Nous ne détaillerons pas dans ce chapitre la carrière cinématographique de Gérard Barray, qui fait l'objet par ailleurs d'un traitement particulier:

Pendant une douzaine d’années, Gérard va enchaîner les films et les succès … Il est le héros de cape et d’épée inévitable, dans la lignée de son aîné et néanmoins ami, Jean Marais… Puis, il endosse le costume plus moderne du sémillant commissaire San Antonio, le héros imaginé par un autre ami, Frédéric Dard… C’est la gloire !

« La gloire ! Oui … Mais la gloire, c’est cependant  très fragile, aussi fragile qu’une bulle de savon » déclare-t-il, de façon prémonitoire, lors d’une interview…