Moulis et Reynies de sa jeunesse

Les amis d'enfance

Moulis

Moulis, c’est donc ce petit village à côté du bourg de Reynies, et à environ 15 km de Montauban. Gérard et sa famille y trouvent refuge pendant les années “sombres”: « Ma mère y avait loué une maison très mignonne , les “pieds” dans l’eau du Tarn et qui possédait un grand jardin. Grâce à Frouillou, le jardinier, ce jardin nous permit de ne pas mourir de faim, nous et les parturientes de ma mère. »

Sa grand-mère, sa gouvernante, Madame Elise, suivent bien sûr !

Des images restent de ces moments : l’ épicerie de Monsieur Boyer, avec des bancs devant la porte où les villageois se retrouvaient après souper pour commenter les événements et dans l’arrière-boutique, on écoutait Radio-Londres.

« La guerre fit mon bonheur », constate-t-il. C’était un enfant … Les années scolaires s'écourtaient régulièrement, par manque de professeurs partis au front, et les vacances se prolongeaient logiquement. « Quelle aubaine pour un jeune garçon que de pouvoir vivre au rythme des saisons : les moissons, les dépiquaisons et les vendanges ! J’en conserve un souvenir ému ! Mes amis étaient les fils et les filles des fermiers  ». Riri, sa sœur Mimi et plus tard la petite Annie qui sera la filleule de Gérard auront été les complices de ces belles années !

L'allée des platanes

Moulis est toujours un joli coin au bord du Tarn, avec son Allée des Platanes, sa toute petite église et le cimetière l’entourant comme autrefois. Gérard se rappelle bien une grand-mère de son enfance, Mémé Reclus, la carillonneuse du village, qui rythmait à sa façon la vie des habitants, avec force mâtines, angélus, et autres pièces sonnantes...

L’épicerie n’existe plus, mais son sympathique propriétaire actuel, José Bonnet , natif de Moulis qui se rappelle bien Gérard et sa bande de copains, m’a chaleureusement reçue et m’a raconté son village, évoquant en particulier les impressionnantes inondations de 1930. Gérard en avait bien sûr entendu parler : « Les maisons et fermettes de Moulis sont assez peu traditionnelles dans leur architecture. Elles ont un côté "villa guillerette" très peu quercynois , car elles ont été reconstruites dans le style de l'époque ».

Une joyeuse bande d'adolescents

Bien sûr, Gérard fréquentera aussi les jeunes de Reynies, le bourg tout près, à un kilomètre de Moulis. « Nous avons tous appris à nager dans le Tarn » se rappelle José Bonnet… « Gérard était mon aîné de 4 ans; il a pratiquement l’âge de mon frère Jacques »… Quelle joyeuse bande ils formaient ! Ils s’amusaient bien !.

Gérard, lui aussi, évoque volontiers cette époque : « 15 ans …C’est l’âge que j’avais lorsqu'arriva la Libération. L’explosion de joie qui s’ensuivit, après quatre ans d’occupation allemande, fit renaître les fêtes de quartier et les bals de campagne, en un mot, les “baloches”. Avec elles, les premières cuites “au mousseux”, les premières amourettes, les premières cigarettes américaines... »

C’est à Reynies qu’il avait déjà rencontré André Sarda, son grand copain “Dédé”, fils d’un percepteur et de la directrice de l’école : « Nous avions 10 ans et nous passions ensemble toutes nos vacances. Nous nous retrouvions au lycée où il était pensionnaire. Il n’appartient pas au monde du spectacle, Dédé, ni à celui de la jet-set. Il n’est célèbre que par sa générosité, son sens des valeurs humaines… Dédé l’ami de toute ma vie ! »

Une amitié qui aura aisément traversé les années et les séparations. Gérard et André se voient toujours encore avec un immense plaisir et encore très récemment : « Avec Guy Fourcade, connu au lycée, nous formions un trio d’inséparables Guy nous a quittés, laissant un vide qui ne sera jamais comblé. »

Déjà un pied dans l’adolescence pendant la guerre, les copains seront toujours ensemble. Gérard a en mémoire la “brillantine” qu’ils se fabriquaient eux-mêmes. Rappelons-nous: c’était la mode “gomina”… La recette en était un peu audacieuse, jugez-en : un tiers de pétrole, un tiers d’huile d’arachide et un tiers d’eau de Cologne bon marché !

Gérard ! Arriviez-vous à vous trouver des cavalières dans les petits bals organisés, une fois que vous vous étiez appliqué sur les cheveux cette mixture horrible ?