LES TROIS MOUSQUETAIRES

1 - les Ferrets de la Reine

de Bernard Borderie (1961)

 

 

France, Italie, 1961, 90 minutes, couleurs

REALISATION : Bernard Borderie.

SCENARIO : Jean-Bernard Luc, Bernard Borderie, roman d'Alexandre Dumas.

DIALOGUE : Jean-Bernard Luc.

IMAGE : Armand Thirard.

MUSIQUE : Paul Misraki.

MONTAGE : Christian Gaudin.

DECORS : René Moulaert.

COSTUMES : Rosine Delamare.

SON : René Sarazin.

CASCADES : Claude Carliez, Henri Cogan

CONSEILLER EQUESTRE : François Nadal.

CAMERA : Henri Persin, Louis Nee, Gilles Bonneau.

SCRIPT : Lily Hargous.

MAQUILLAGE : Jean-Paul Ulysse.

COIFFURE : Micheline Chaperon, Denise Lemoigne.

AST-REALISATEURS : Paul Nuyttens, Claude Clement.

REGIE : Paul Lemaire.

DIR-PRODUCTION : Henri Jaquillard.

PRODUCTION : C.C.IC.C.-Films Borderie, Les Films Modernes, Films d'Art, Fono Roma.

 

INTERPRETES :

Gérard BARRAY .............................................................................. D’Artagnan

Mylène DEMONGEOT ............................................................................. Milady

Georges DESCRIERES .......................................................................... Athos

Jacques TOJA ........................................................................................ Aramis

Bernard WORINGER ........................................................................... Porthos

Jean CARMET ................................................ Planchet, valet de d’Artagnan

Guy DELORME .................................................................................. Rochefort

Daniel SORANO ............................................................................... Richelieu

Perrette PRADIER .................................................... Constance Bonnacieux

Guy TREJEAN ........................................................................... le roi Louis XIII

Françoise CHRISTOPHE ....................................... la reine Anne d’Autriche

Henri NASSIET ............................................................... Monsieur de Tréville

Robert BERRI .............................................................. Monsieur Bonnacieux

Anne TONIETTI ........................................................................................... Ketty

Jacques BERTHIER ...................................................... Duc de Buckingham

Jacques SEILER ........................................................ Grimaud, valet d’Athos

Henri COGAN ................................................. Mousqueton, valet de Porthos

Claude CARLIEZ ................................................................................ Bernajou

André WEBER ................................................................ Bazin, valet d’Aramis

Malka RIBOWSKA ............................................................. Madame Delannoy

Lena SKERLA ........................................................... Madame de Chevreuse

Espanita CORTES ................................................................. Dona Estefania

Hubert de LAPPARENT ...................................................... Chancelier du roi

Jean DEGRAVE ............................................................ Monsieur De la Porte

Jacques HILLING ............................................................. chambellan du roi

Dominique ZARDI ........................................................ aubergiste de Mouny

Pierre MIRAT .................................................................. aubergiste d’Amiens

Jean OZENNE .............................. Patrick, Le majordome de Buckingham

Aimé de MARCH ............................................................................ De Wardes

Jean GRAS ............................................................................. «Fleur de Cocu»

  ... et Antoine BAUD, Yvan CHIFFRE, Frank ESTANGE (provocateurs, gardes du cardinal).

 

SUJET : Gérard BarrayD'Artagnan (Gérard Barray), jeune Gascon, monte tenter sa fortune à Paris avec l’espoir d’embrasser la carrière de mousquetaire. La lettre de recommandation de son père lui est ravie durant son périple par le sombre Guy DelormeRochefort (Guy Delorme), qu’accompagne la séduisante et vénéneuse Mylène DemongeotMilady de Winter(Mylène Demongeot).

  Pourtant, grâce à l’aide de Jean CarmetPlanchet (Jean Carmet) qui devient son valet fidèle, il peut se présenter devant le Capitaine des Mousquetaires, Monsieur de Henri NassietTréville (Henri Nassiet).

  Alors que la chance lui sourit enfin, voilà qu’il en vient à provoquer en duel trois des plus fines lames du royaume, Athos (Georges Descrières), Porthos (Bernard Woringer), Aramis (Jacques Toja), tous trois mousquetaires.

  Mais, ennemis communs du Cardinal, les quatre hommes deviennent finalement les meilleurs compagnons du monde. Ensemble, ils vont déjouer les plans du machiavélique Cardinal de Daniel SoranoRichelieu (Daniel Sorano) qui missionne Milady pour prendre en défaut la Françoise ChristopheReine de France (Françoise Christophe).

  Grâce à son adresse à l’épée et à son panache, D’Artagnan, secondé par ses trois acolytes, récupèrera à temps, auprès du Duc de Jacques BerthierBuckingham (Jacques Berthier), les ferrets de diamant, cadeau du roi,  que lui avait confiés imprudemment comme gages d’amour Anne d’Autriche.

  Au terme de ce premier épisode, D’Artagnan, aura aussi rencontré la délicieuse Perrette PradierConstance Bonacieux(Perette Pradier) dont il sera tombé amoureux. Mais il se sera attiré la haine de Richelieu, de Rochefort et de Milady…

« Aurais-je ma vengeance ? » se demandera cette dernière, avant d'ajouter à l'intention du Cardinal: « Aurez-vous la vôtre ? »

(à suivre…)

 

COMMENTAIRES : En 1961, il est déjà difficile de compter le nombre d’adaptations cinématographiques qui ont été faites du chef d’œuvre d’Alexandre Dumas La dernière version française date de 1953, avec Georges Marchal devant la caméra, dans le rôle de d’Artagnan et André Hunebelle derrière.

  Huit ans après,  un réalisateur a décidé de mettre en scène un “western de cape et d’épée”. Bernard Borderie décrit ainsi ses intentions dans Télérama : « Je m’ennuie quand il n’y a pas de mouvement. Aussi passerais-je rapidement sur le côté documentaire, l’illustration d’époque. Cet aspect historique est d’ailleurs dans la mémoire de chacun. Par contre chevauchées, duels, bagarres se succéderont à un train d’enfer, réglés par Henri Cogan ».

  Il enfonce le clou dans Cinémonde. Quand le journaliste lui demande à propos des acteurs : « Alors personne n’est encore engagé ? » Il répond : « Si, les trois personnages les plus importants : Maître Carliez professeur d’escrime, le maître écuyer Nadal et mon ami, l’ancien catcheur Henri Cogan ».

  On connaît Borderie pour ses “polars” où la “castagne” tient une place importante. Il sait qu’il saura ajouter dans ces scènes mouvementées de “baston” une touche personnelle, qu’il va transposer de notre époque vers le XVII eme, siècle des mousquetaires. Et cette transposition va lui plaire.

  Mais, pour l’heure, Borderie fait ses premiers pas de réalisateur “historique”. En premier lieu, il lui faut un D’Artagnan qui crève l’écran. Les jeunes premiers défilent. Si Gérard Barray apparaît rapidement dans le casting, ce n’est pas pour le rôle du gascon. Quand les Borderie père et fils (Raymond le père était producteur) commencent à chercher les héros de leur production, Paulette Dorisse (agent d’acteurs) se précipite pour présenter son poulain. Elle a un atout maître en jeu puisque ce dernier est en train de tourner Le Capitaine Fracasse, autre film de cape et d’épée.

  Bernard Borderie demande donc à Gaspard-Huit de lui permettre de visionner quelques rushs. Il y découvre un jeune homme plein de prestance, un peu hautain et de grande noblesse dans le rôle de Vallembreuse. Il pense avoir trouvé là son Athos. De toutes façons, le rôle de d’Artagnan est déjà signé pour le comédien Claude Titre.

  Le metteur en scène revoit donc Paulette Dorisse pour lui en parler. Celle-ci est enthousiaste : C’est très bien pour Gérard, il sera enchanté, quelle promotion !…mais…Car il y a un mais ... Paulette Dorisse n’en démord pas: Barray c’est de la graine de d’Artagnan,  ! Et la voilà repartie dans une plaidoirie favorable à son protégé au cours de laquelle elle distille savamment tous les traits de caractère de Gérard qui correspondent à ceux du Gascon de Dumas. Elle fut convaincante, Barray eut le rôle. Mais ce dernier l’avoue encore : « Je crois n’avoir pas passé un mois de ma vie sans penser à Claude et à sa déception… Il a dû me détester ! Ce métier est parfois cruel. ».

  Borderie ne regrettera pas son choix, au point de confier à Barray, après les deux épisodes de ses mousquetaires, le rôle d’un autre héros légendaire du répertoire, Pardaillan.

  Gérard BarrayGérard Barray “explose” donc dans cette version des  Trois Mousquetaires de Borderie. Du jour au lendemain, il est projeté en tête d’affiche au sein d’un casting prestigieux.

  Mais l’une des forces du film, c’est que ces quatre mousquetaires ne sont pas encore des stars de l’écran. Télérama résume cela de manière pertinente :

« Les Trois Mousquetaires, qui étaient quatre […] sont interprétés par quatre comédiens et non par quatre vedettes. C’est à dire qu’ils possèdent un passé et un métier, ils n’ont pas ce physique usé parce que trop connu ! C’est-à-dire qu’aucun des quatre ne prendra plus d’importance que les autres et la devise des quatre amis sera enfin une réalité à l’écran : Tous pour un, un pour tous ! ». Borderie confirme cela dans le même magazine et insiste sur le fait qu’il a voulu appuyer sur le thème de l’amitié ».

  Ainsi on retrouve en Athos, Porthos et Aramis, trois comédiens de la Comédie Française  : Georges Descrières, Bernard Woringer et Jacques Toja ...

(à suivre…)

 

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(Ed.1.1: 15-4-2008)

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