LE CAPITAINE FRACASSE

de Pierre Gaspard-Huit

France, Italie, 1961

 

 

France, Italie, 1961, 108 minutes, couleurs

REALISATION : Pierre Gaspard-Huit.

SCENARIO : Pierre Gaspard-Huit, roman de Théophile Gautier.

DIALOGUE : Albert Vidalie.

IMAGE : Marcel Grignon.

MUSIQUE : George Van Parys.

MONTAGE : Louisette Hautecoeur.

DECORS : Robert Guisgand.

COSTUMES : Mireille Leydet.

SON : Robert Teisseire.

CAMERA : Charles-Henri Montel.

SCRIPT : Colette Robin.

MAQUILLAGE : Alexandre Marcus.

COIFFURE : Huguette Lalaurette.

AST-REALISATEUR : Jacques Bourdon.

DIR-PRODUCTION : Jacques Pignier, Maurice Saurel.

PRODUCTION : Adolphe Osso, Plazza Films, Unidex, Metzger & Woog, Paris Elysées, Films Hoche, Documento Films.

 

INTERPRETES :

Jean MARAIS ...................................................................... baron de Sigognac

Geneviève GRAD ................................................................................... Isabelle

Gérard BARRAY ............................................................. duc de Vallombreuse

Robert PIZANI .......................................................................................... Blazius

Louis de FUNES ...................................................................................... Scapin

Anna-Maria FERRERO ............................................... marquise de Bruyères

Ricardo GARRONE ........................................................................ Lampourde

Raoul BILLEREY .................................................................................. Merindol

René CHARVEY .................................................................................. Louis XIII

Bernard DHERAN ......................................................... chevalier de Vidalenc

Danielle GODET ................................................................................... Serafina

Sophie GRIMALDI .................................................................................. Zerbine

Joëlle LATOUR ..................................................................................... Chiquita

Philippe NOIRET .................................................................................... Hérode

Renée PASSEUR ................................................................... dame Léonarde

Sacha PITOËFF ................................................................................. Matamore

Jean ROCHEFORT ............................................................................... Malartic

Robert PIZANI ......................................................................................... Blazius

Alain SAURY ......................................................................................... Augustin

Jacques TOJA ....................................................................................... Léandre

Maurice TEYNAC ............................................................ Marquis de Bruyères

Jean YONNEL ...................................................................... Prince de Moussy

Robert BERRI .........................................................un vendeur sur le marché

Guy DELORME ................................................... le garde qui arrête la gitane

Bernard LAJARRIGE ............................................... le serviteur de Sigognac

Paul MERCEY ............................................................ l'aubergiste de Poitiers

Laure PAILLETTE ..................................................... la vieille dame au fagot

RIVERS Cadet ................................................................ l'aubergiste de Paris

Georges SELLIER ....................................... le chirurgien de Vallombreuse

  ... Jean BALTHAZAR, Serge LHORCA, Frank MAURICE, Albert PILETTE.

 

SUJET : Jean MaraisSigognac (Jean Marais), le baron à la bourse plate, vit avec son Bernard Lajarrigeserviteur (Bernard Lajarrige) en son “château de la misère ” qui menace de tomber en ruine.

  Voilà qu’un jour, une troupe de comédiens, celle d’Philippe NoiretHérode (Philippe Noiret), brise l’essieu de sa roulotte à deux pas de sa demeure. Bien qu’il soit sans le sou, Sigognac accueille les artistes chez lui, leur avouant même, qu’à ses heures perdues, il est un peu poète. Invité à son tour par les comédiens, Le Baron décide de quitter son domaine, et décide de les suivre dans leurs pérégrinations de saltimbanques, les beaux yeux d’Geneviève GradIsabelle (Geneviève Grad), l’ingénue de la troupe, n’y étant pas pour rien.

  Au décès de Sacha PitoëffMatamore (Sacha Pitoeff) , Sigognac devient lui-même acteur de la troupe et prend le rôle du Capitaine Fracasse, de la comedia del arte. Un soir il se heurte au puissant Duc de Gérard BarrayVallombreuse (Gérard Barray) qui s’est montré trop entreprenant à l’encontre d’Isabelle. Dès lors les deux hommes se vouent une haine mutuelle. Vallombreuse enlèvera la jeune fille et dans un remarquable duel, Sigognac le blessera grièvement.

  Mais un secret, qui pèse sur la naissance d’Isabelle, va compliquer ce face à face. Elle n’est pas une simple comédienne, c’est la descendante d’un Seigneur de haute lignée, le prince de Jean YonnelMoussy (Jean Yonnel) qui n’est autre que le père de Vallombreuse. Celui-ci est donc le frère d’Isabelle. La vérité finira par éclater au grand jour, et Vallombreuse sermonné par son père, se repentira et apportera sa bénédiction fraternelle à l’union de Sigognac et d’ Isabelle.

 

COMMENTAIRES : Ce film de Pierre Gaspard-Huit met au prise deux très grands spécialistes du genre, Jean Marais et Gérard BarrayJean Marais et Gérard Barray.

  Lorsque Marais commence le tournage de cette nouvelle production historique, il n’en est pas à son galop d’essai dans le genre. En revanche c’est là, le premier film de Cape et d’épée de Gérard Barray, qui reconnaîtra plus tard dans la revue Festival : « C’est le rôle qui m’a vraiment ‘sorti‘ ».

  Gérard, qui, chaque soir, reprend le rôle de Jean Marais au théâtre de Sarah Bernhardt dans L’aigle à deux têtes, commence sa carrière de bretteur en tournant dans la journée, aux côtés du même Jean Marais. Ainsi c’est en entrant par la porte des odieux personnages qu'il a commencé à ferrailler.   Il retrouvera peu après le même registre dans les Frères Corses, mais entre temps Borderie en aura fait son D’Artagnan, le transformant définitivement en héros d’époque.

  Mais revenons aux sources de l’histoire : Quelques années auparavant Pierre Gaspard-Huit est jury du concours de fin de fin d’année au Cours Simon et remarque Gérard. « Il me complimente, me donne son numéro de téléphone et me promet de me confier un rôle dans un prochain film… Que de fois lui ai-je téléphoné, au cours de l’année qui suivit la sortie de l’Eau à la bouche ! ». Mais rien de précis n’arrivait…

  Le moral dans les chaussettes comme l’on dit maintenant, Gérard envisage à ce moment là, de regagner Montauban et d’y ouvrir une librairie. Et puis, un jour on lui fait la proposition d’incarner le duc de Vallombreuse dans une nouvelle adaptation du roman de Théophile Gautier, Le Capitaine Fracasse.

  Gérard est le digne successeur de Charles Boyer (version 1929) et de Jean Weber (version 1943) qui avaient incarné ce même duc. Et il a pour sa plus grande joie, un partenaire de rêve en la personne de Jean Marais, baron de Sigognac, prenant lui, la succession de Pierre Blanchar, puis de Fernand Gravey. Il est aux anges ! Il a pu toucher une avance pour pouvoir tenir le coup sur le plan pécuniaire, grâce à l’agence CEMURA, filiale de la MCA américaine.

  L’œuvre de Théophile Gautier, dont est inspiré le film, est un peu à part dans la littérature de Cape et d’épée. Le personnage de Vallombreuse est plus complexe que les scélérats habituels. La fin du roman, comme du film, laisse d’ailleurs entrevoir une rédemption pour ce personnage qui semble revenir sur la bonne voie de l’honneur et de l’honnêteté, ce qui est rarement le cas du méchant dans le film de cape et d’épée.

  Cette fois donc, l’adversaire du héros ne périt pas en duel, il est juste blessé. Comme il faut bien une vengeance, c’est son subalterne, Raoul BillereyMérindol (Raoul Billerey), qui fait les frais des procédés abjects de son mentor, Vallombreuse.

  Pour pouvoir tenir ce rôle, Gérard Barray s’est initié à l’escrime, maniant rapidement l’épée avec talent, puisque le maître d’armes Claude Carliez le considérera comme l’un de ses meilleurs élèves.

  Le film est aussi intéressant par la multitude des seconds rôles merveilleusement distribués. Nombre de ces comédiens feront carrière.

   « Quelle distribution, messeigneurs ! » nous dit Gérard. Philippe Noiret est le débonnaire Hérode, directeur de la troupe de Théâtre. Truculent à souhait, sa bonhomie trouve là un emploi fort juste. Louis De FunèsLouis de Funès (dans le rôle de Scapin), est le valet de la troupe. Il est le faire valoir qui transporte avec lui toute une dimension comique ; Raoul Billerey incarne Mérindol qui, nous l'avons dit ne paraît pas promis au paradis. Riccardo GarroneRiccardo Garrone (Lampourde) et Jean RochefortJean Rochefort (Malartic) sont deux tueurs à gage, Guy DelormeGuy Delorme, contrairement à ce que l’on pourrait penser, n’est pas du mauvais côté de la barrière. Il n’a qu’un petit rôle, celui d’un soldat qui arrête la gitane Joëlle LatourChiquita (Joëlle Latour) ; Jacques Toja (de la comédie française) joue Jacques TojaLéandre, l’amoureux de l’ingénue, le jeune premier, ce qui fut souvent sa fonction au théâtre.

  Quant à Geneviève Grad, toute jeune comédienne de 16 ans venue des ballets de l’opéra, qui incarne Geneviève GradIsabelle, elle a naturellement la candeur propre au personnage. Elle rencontre ici Louis de Funès qui sera son père dans la série des gendarmes. N’oublions pas Bernard DhéranBernard Dhéran , Jean Yonnel ( tous deux de la Comédie Française) et Maurice TeynacMaurice Teynacen grands seigneurs, et les gracieuses Anna-Maria Ferrerro, Joëlle Latour, Danielle Godet et Sophie Grimaldi.

  Là encore le distributeur valorisera cet aspect avec le slogan : « Les plus grandes vedettes du cinéma français dans un film prestigieux : le Capitaine Fracasse ».

  Il faut noter l’avant dernière scène du film, fort bien imaginée, dans laquelle, Lampourde (Garrone), Malartic (Jean Rochefort), Hérode (Noiret) et le valet Scapin ( de Funès) jouent ce que sera la fin du film, chacun interprétant respectivement Sigognac, Vallombreuse, le père de Vallombreuse, et Isabelle : un délice de comédie.

  Le tandem Gérard Barray / Pierre Gaspard-huit fonctionnera bien, puisque ce dernier lui confiera les rôles de ses deux films suivants : Shéhérazade et Gibraltar. Enfin le réalisateur nous permettra de nous promener magnifiquement de châteaux en châteaux, en choisissant de remarquables sites. Rendez-vous sur le blog de Donatienne pour découvrir ces lieux.

  Gros succès pour ce film sorti le 21 avril 1961, puisque, rien qu’en France, 3 152 121 spectateurs se déplaceront pour le voir !

Cliquez sur les vignettes / Hit on the thumbmails / Pinchar en las fotos

(Ed.1.1: 23-3-2008)

haut de page
accueil
menu parent
L'Encinémathèque
alt :