SHEHERAZADE

(Shéhérazade)

France, Espagne, Italie, 1962

 

 

France, Espagne, Italie, 1962, 124 minutes, couleurs

REALISATION : Pierre Gaspard-Huit.

SCENARIO : Marc-Gilbert Sauvajon, Pierre Gaspard-Huit.

DIALOGUE : Marc-Gilbert Sauvajon.

IMAGE : Christian Matras.

MUSIQUE : André Hossein.

CHOREGRAPHIE : Janine Charrat.

MONTAGE : Louisette Hautecoeur.

DIRECTION ARTISTIQUE : Georges Wakhevitch.

DECORS : Raymond Gabutti.

COSTUMES : Georges Wakhevitch.

SON : Antoine Petitjean.

COMBATS : Claude Carliez.

CAMERA : André Domage.

SCRIPT : Olga Demolliere.

MAQUILLAGE : Jacky Reynal.

ASSISTANTS-REALISATEURS : Pierre LARY, Larbi Ben CHOUKROUN.

CONSEILLER EQUESTRE : François NADAL.

DIR-PRODUCTION : Henri BAUM, Ully PICARD, Jacqueline DUDILLEUX.

PRODUCTION : Speva Films, Ciné Alliance, Filmsonor(Paris), Tecisa(Madrid), Dear Films(Rome).

 

INTERPRETES :

Anna KARINA ............................................................................... Shéhérazade

Gérard BARRAY ............................................................. Renaud de Villecroix

Antonio VILAR ................................................................... Haroun-Al-Raschid

Jorge MISTRAL ............................................................................. le grand vizir

Marilù TOLO ............................................................................................. Sherin

Fausto TOZZI ........................................................................................... Zaccar

Giuliano GEMMA ...................................................................................... Didier

Gil VIDAL .................................................................................................. Thierry

Fernando REY ...................................................................................... Al Fahki

Joëlle LATOUR ................................................. Anira, la servante de Sherin

Karamoko CISSE .......................................................................... le bourreau

Maria GRANADA ............................. la jeune fille qui meurt dans le désert

Pepe CALVO/José CALVO ........................................ Moulouk, le mendiant

 

  … et Raphaël ALBAICIN, Maria CALVI, Félix FERNANDEZ, José Manuel MARTIN.

SUJET : En l’an 809, Charlemagne, l’empereur à la barbe fleurie, décide d’envoyer une ambassade extraordinaire auprès du calife de Bagdad, Antonio VilarHaroun-al­Rachid (Antonio Vilar). Cette mission pacifique, destinée à obtenir pour les chrétiens le libre accès aux lieux saints, est conduite par le jeune et brillant Gérard BarrayRenaud de Villecroix (Gérard Barray), un neveu de l’empereur.

  En route pour Bagdad, le chevalier sauve la vie de Anna KarinaShéhérazade (Anna Karina) alors qu’elle venait d’être enlevée par des pillards bédouins. La jeune femme allait sur le chemin de la capitale, convoquée par le calife à la recherche d’une nouvelle épouse.

  Dès le premier regard, Renaud et Shéhérazade comprennent qu’ils sont destinés l’un à l’autre...

COMMENTAIRES : Dans le Film Français du 11 novembre 1960, le producteur Michel Safra annonce le tournage de Shéhérazade, un film de Marcel Camus, récente palme d’or avec Orfeu Negro. Mais le tournage est repoussé.
  Le 9 février 1962, toujours dans le film français, Michel Safra s’offre la couverture et annonce le même film, cette fois réalisé par Pierre Gaspard-Huit, avec Nadja Tiller dans le rôle titre.
  Gérard Barray se souvient que Jean Simmons avait également été proposée par Pierre Gaspard-Huit, ce à quoi les producteurs avaient répondu : « Qui-est-ce ? ». A l’époque elle avait déjà tourné dans Young Bess avec Stewart Granger, Spartacus avec Kirk Douglas, et de nombreux autres films devenus des classiques.
  Finalement le rôle ira à la compagne de Jean Luc Godard, Anna Karina.
Elle est belle, a un accent des plus charmants, mais peu crédible pour une princesse des mille et et une nuits. Gérard Barray sera, à la demande du réalisateur qui a déjà travaillé avec lui, le chevalier fervent qui va secourir la demoiselle. Les producteurs acceptent.
  Une vraie sympathie naîtra de la collaboration d'Anna Karina et Gérard Barray. Ce dernier se souvient qu’assez facétieusement, Anna lui avait offert un bouquin sur Goya avec une dédicace commençant ainsi : « A mon prince charmant… ». En tout bien tout honneur, puisque le livre était également signé par le compagnon de la comédienne.
  Autre amitié née sur le plateau : avec Giuliano GemmaGiuliano Gemma, que Gérard introduira plus tard auprès de Bernard Borderie pour jouer dans Angélique, une proposition de rôle que Gérard avait déclinée.

Lors de ce tournage, les producteurs avaient opté avec Pierre Gaspard-  Huit pour un nouveau procédé de prise de vue, permettant une projection en écran extra-large : le 70mm Spperpanorama. Christian Matras, directeur de la photographie du film, fut de ceux qui essuyèrent les plâtres de cette nouveauté.

  Le tournage des scènes de studio eut lieu à Madrid en plein été. Gérard se souvient que pour certaines scènes, les danseuses ,pieds nus,  se brûlaient les pieds. Mais au moins avaient-elles la chance d’être assez dénudées. Pour les comédiens portant armures, capes et autres costumes moyen-âgeux,  l’exercice tenait plus de la séance de sauna que du cinéma. Ajoutez à cela la batterie impressionnante de projecteurs qui devait inonder de lumière les décors ...
  Autre inconvénient généré par les projecteurs: de nombreuses ombres portées manquent un peu de naturel à l’écran. Lors de la première rencontre entre Shéhérazade et Renaud de Villecroix (la nuit dans les rochers), on voit même l’ombre de la caméra sur la cape de Renaud, lors d’un travelling…

  Enfin, les extérieurs, tournés au Maroc (à Ouarzazate plus exactement) furent pourtant perturbés par de mauvaises conditions météorologqiues.

  Le film est assurément à rapprocher de la Princesse de Clèves, réalisé en 1961 par Jean Delannoy, sur une adaptation de Cocteau. La thématique en est la même : un amour impossible. Mais ce qui est fort semblable ici c’est également le rythme des deux productions, ou plutôt devrions nous écrire,: le faux rythme. Malgré les sujets propres à ce cinéma en costume (bravoure, grands sentiments, duels, batailles, ...), tout se déroule avec lenteur, posément, distillant une ambiance poétique digne des mille et une nuits. A ce titre,  la scène des épreuves que doivent franchir les princesses pour devenir épouse du Calife, est exemplaire : toute en retenue, très lente, faisant monter petit à petit la tension, jusqu’à l’issue : Shéhérazade buvant les trois coupes…dont une est censée être mortelle.

  La musique lancinante d’André Hossein, ajoute à cette atmosphère si particulière.

  Le film permet également d’apercevoir deux raretés (pour l’époque) : un Gérard Barray Gérard Barraymal raséet décoiffé, ce qu’aucun film de cape et d’épée n’avait osé jusqu’ici. Et sans lien aucun : une magnifique paire de seins jaillisant d’un soutien gorge sauvagement dégraffé dans un hammam, un simple plan qui dut faire rugir le ligues catholique et / ou bien pensantes de l’époque… ! Seule Martine Carol dans Lucrèce Borgia (1953) avait fait mieux…

  Shéhérazade sera un très bon succès ! rien qu’en France, la princesse des contes orientaux attirera 1 375 848 spectateurs …n’oublions pas qu’il s’agit d’une co-production !

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(Ed.1.1: 4-5-2008)

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