I FRATELLI CORSI

(les Frères Corses)

d'Antonio Majano (1961)

 

 

Italie, France, 1961, 85 minutes, couleurs

REALISATION : Antonio Majano.

SCENARIO, DIALOGUE : Dieggo Fabbri, Fulvio Palmieri, Antonio G.Majano, Paul Andréota, Bruno Guillaume, roman d'Alexandre Dumas.

IMAGE : Adalberto Ambertini.

MUSIQUE : Alessandro Francesco Lavagnino.

MONTAGE : Georges Arnstam, Adriana Novelli.

DIRECTION ARTISTIQUE : Ivo Batelli.

DECORS :Fulvio Barzotti.

COSTUMES : Maria Baroni.

SON : Luigi Puri.

CAMERA : Franco Delli Colli.

SCRIPT : Jeanette Cardone.

MAQUILLAGE : G.Bonotti.

COIFFURE : Fiama Rochetti.

AST-REALISATEURS : Piero Schivazappa, Maresa Majano.

CONSEILLER TECHNIQUE : Georges Arnstam.

REGIE : Toto Mignone.

DIR-PRODUCTION : Mario Perelli.

PRODUCTION : Leo Cevinini (Variety Film), Vittorio Martino (Flora Film), Georges Cheyko (Méditerranée Cinéma).

 

INTERPRETES :

Geoffrey HORNE ........................................... Paolo Franchi / Leone Franchi

Gérard BARRAY .................................................................... Giovanni Sagona

Valérie LAGRANGE .................................................................................... Edith

Jean SERVAIS .................................................................... Gerolamo Sagona

Nerio BERNARDI ............................................................... Professeur Perrier

Emma DANNIELLI ............................................................. Gabrielel De Roux

Mario FELICIANI ............................................................................... Dr. Dupont

Alberto FARNESE ................................................................................ Gaspare

Raoul GRASSILI .......................................................................... Raul Sagona

Franco GRAZIOSI ............................................................................. Domenico

Germano LONGO .................................................................. Claudio Franchi

Sandro MORETTI .................................................................................. Claudio

Amedeo NAZZARI .................................................................................. Orlandi

Paola PATRIZI ....................................................................................... Mariella

Aldo PINI ..................................................................................................... Morny

Laura SOLARI ............................................................................. Luisa Dupont

Nando TAMBERLANI ............................................................... Comte Franchi

Luigi VANNUCCHI ...................................................................... Luigi Sagona

Lia ZOPPELLI .................................................................................... tante Mary

 

SUJET : Les Franchi et les Sagona se vouent une haine mortelle. Ces deux familles se sont plusieurs fois déchirées, jusqu’à ce qu’un massacre décime les Franchi. Ne survivent que les deux jumeaux, Paolo et Leone (Geoffrey HorneGeoffrey Horne pour les deux rôles).
  Des années plus tard l’un est médecin à Paris, l’autre est resté en Corse, adopté par un Amedeo Nazzariami des Franchi (Amedeo Nazzari). Ils ne se connaissent pas.
  Mais le destin est railleur. A Paris, Paolo se lie d’amitié avec Gérard BarrayGiovanni (Gérard Barray), qui n’est autre que le fils Sagona. Quand Giovanni revient en Corse, il invite Paolo à l’accompagner.
  Dès lors la vengeance de Franchi envers les Sagona va se mettre en marche, et les deux jumeaux vont se retrouver. Au milieu de ces intrigues, Valérie LagrangeEdith (Valérie Lagrange) sera déchirée entre Giovanni son fiancé , Paolo et Léone.
  Cette vengeance trouve son épilogue dans un duel entre Giovanni et Leone. Ce dernier tue Giovanni mais est abattu par Jean ServaisSagona père (Jean Servais).

  Paolo et Edith restent seuls…et amoureux…

COMMENTAIRES : Gérard BarrayGérard Barray vient d’interpréter le prestigieux rôle de D’Artagnan quand lui parvient cette proposition d’être l’un des noirs personnages de cette histoire de vendetta corse qui n’est pas sans rappeler le Colomba de Mérimée. Or, jouer les “méchants” dans un petit film sans star, tourné à l’étranger, alors qu’il vient d’incarner le Gascon le plus célèbre du monde lui donne le sentiment de revenir en arrière. Bref il décline la proposition, ou plutôt il use d’un stratagème déjà maintes fois éprouvé dans le milieu pour dire non sans dire non : il demande un cachet astronomique. Mais le producteur Georges Cheyko, qui sent tenir là de la graine d’idole, se dit : « Et bien allons-y, mettons le paquet pour nous payer Barray », et il accepte le montant proposé par l’acteur.

  Ainsi donc, voilà Gérard Barray en Italie pour le tournage de ces Frères corses. Car selon l’acteur tout fut tourné en Italie. Pas un mettre de pellicule ne fut imprimé dans l’ile, et ce, bien que les habitant de la plus insoumise des îles méditerranéennes soient chaleureusement remerciés dans le générique de début.
  Qui dit tournage en Italie à l’époque, dit cadences infernales. Les équipes ne sont pas astreintes aux mêmes règles qu’en France, et Gérard Barray se souvient de journées longues et interminables comme sur le tournage des deux Surcoufs. Rajoutons qu'une équipe filma des séquences d'ambiance, sans acteur, dans l'Île de Beauté.

  La vraie question est : Pourquoi n’a-t-on pas proposé le rôle principal à Barray ? Le héros est ici incarné par Geoffrey HorneGeoffrey Horne qu’on revit peu dans de grands films (Il avait été dans Le Pont de la rivière Kwaï de David Lean en 57, dans la Tempête de Alberto Lattuada en 58).

  Il ne donne pas en effet une composition assez contrastée des deux jumeaux qu’il interprète. Sur un scénario très proche, tiré également de la nouvelle de Dumas, Alain Delon (dans la Tulipe Noire) sera bien plus convaincant. Qu’en aurait-il été de Gérard Barray ? On ne le saura jamais. Et pourtant…

  Le monde du cinéma est un petit monde. A la fin du tournage des Frères corses, le producteur Georges Cheiko est emballé par les prestation de Gérard Barray et Jean Servais. Il leur propose donc de monter avec eux cette fameuse Tulipe noire

Mais laissons Gérard Barray en parler :

« Pendant le tournage du film, Georges Sheyko et moi, étions devenus très amis : je le recevais chez moi (il venait accompagné de sa fiancée de l´époque, Dawn Adams) et nous sortions souvent ensemble. En outre, il avait été très content du travail que nous avions fait sur le film, Jean Servais et moi. (Jean m´a honoré de son amitié durant le film et jusqu´à sa disparition.) Georges m´annonça donc un jour qu´il allait "monter" la Tulipe noire pour Jean et moi. J´en étais, vous vous en doutez, ravi, surtout peut-être pour l´énorme plaisir de retravailler avec ce grand acteur qu´était Jean Servais, avec qui j´ai beaucoup appris. Christian Jaque a préféré Delon...c´est la vie. La coproduction avec l´Espagne a fait que le rôle prévu pour Jean échoua à un autre grand acteur et metteur en scène de théâtre, Adolfo Marsillach, disparu récemment ».

   Il faudra attendre Scaramouche pour voir Barray interpréter un rôle double (voir cette fiche).

  Ces Frères corses, malgré un héros pas très convaincant, n’en sont pas pour autant déplaisants. Les séquences dans les ruines rappellent clairement certaines productions de la Hammer, avec une ambiance fantomatique et mystérieuse assez réussie (on repense aux ruines du Chien des Baskerville).

  L’intrigue est prenante et le casting secondaire assez attrayant : Valérie LagrangeValérie Lagrange en comédienne débutante (Gérard Barray se souvient qu’à l’époque, elle jouait un peu les starlettes, défaut qui heureusement la quitta par la suite, quand elle devint une actrice accomplie), et Amédéo Nazzari, gloire transalpine du film de cape et d’épée (Il sera en 1969 l’impressionnant complice de Gabin dans le Clan des Siciliens).
  Notons également la belle performance de Jean Servais, relevée, tout comme celle de Gérard, par l’Index de la saison cinématographique 1963 :« Gérard Barray a beaucoup d’allant et de vérité. Jean Servais donne un relief puissant au personnage du vieux baron Corse ».

  Un joli succès en salle pour ce film qui aura attiré 1 464 409 personnes. « Il m´a été rapporté que, lors de la première du film à Montauban, mes fans hurlaient, dans la salle : ‘Vas-y, Gérard, tue-le !’ Il n´en fut rien. Déception légitime des fans. »

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(Ed.1.1: 6-4-2008)

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